Recherche avancée

Pékin > Le Grand-Duché du Luxembourg > Culture >

Culture

Infrastructures culturelles

En 1995, Luxembourg-Ville est Capitale européenne de la culture. L’évènement connaît un franc succès populaire. Il améliore l’image de marque internationale de la ville et du pays tout entier. Il dynamise d’un seul coup l’intérêt porté à la culture.

Poursuivre sur la lancée du mouvement engagé, tel est le défi auquel se trouve confronté le gouvernement luxembourgeois. Doter le pays de nouvelles infrastructures culturelles devient du même coup une priorité.

Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean, Musée de la Forteresse, Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster, Salle de concerts Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte, Centre de musiques amplifiées, Centre national de l’audiovisuel, Archives nationales, Centre national de culture industrielle, Rotonde, Bibliothèque nationale, …, tant de rêves se transforment en réalités grâce à un investissement global de quelque 450 millions d’euros.

Un projet de société

1995-2007. À douze ans d’intervalle, Luxembourg aura été et sera capitale européenne de la culture. Entre ces deux dates, le paysage culturel luxembourgeois aura connu une profonde mutation, avec notamment les constructions et les mises en service du Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean, de la Salle philharmonique Grande-Duchesse Joséphine Charlotte et du Centre de musiques amplifiées (Rockhal). Trois infrastructures modernes auxquelles il faut ajouter l’Abbaye de Neumünster, le Musée de la Forteresse ou le Centre national de l’audiovisuel, sans oublier des réalisations comme le Centre sportif et culturel du Kirchberg (La Coque), le Centre national de littérature, le Musée national d’histoire naturelle (natur musée) ou le Musée national d’histoire et d’art.

Des projets d’infrastructures dans le domaine culturel, le gouvernement luxembourgeois en a souvent eus, sans parfois pouvoir les mener à bien. Dès 1988, un groupe de travail réfléchit à l’opportunité de construire un centre d’art contemporain. En 1989, la création d’un Musée d’Art moderne figure d’ailleurs dans la déclaration gouvernementale. Lorsque sa capitale devient l’espace d’une année (1995) Capitale européenne de la culture, le pays entier prend conscience à la fois de son retard en matière d’infrastructures culturelles et de l’énorme engouement du public luxembourgeois pour toutes les formes de culture. En finançant 25 % du budget total de la manifestation, le partenariat privé prouve au passage son implication au service de la culture.

Dans la dynamique née des passions et des émotions de 1995, plusieurs grands projets sont alors soit redéfinis, soit réactivés, soit enclenchés. Après avoir lutté pour conquérir ou préserver sa souveraineté, après avoir assuré à sa population un minimum de bien-être social, une nouvelle priorité s’impose: la culture. «Nous devons proposer aux composantes très diverses de la communauté luxembourgeoise (plus de 38 % de “non nationaux”) un projet culturel capable de consolider une vraie cohésion sociale et de prouver qu’une identité ne se dilue pas en s’ouvrant aux autres cultures, mais au contraire peut y trouver matière à partage et à enrichissement. C’est pour bénéficier d’instruments performants au service de ce projet culturel, que le Grand-Duché a entrepris un vaste et ambitieux programme de mise en oeuvre d’équipements culturels», explique Mme Erna Hennicot-Schoepges, ancienne ministre de la Culture et ministre des Travaux publics. Elle se retrouve à double titre au coeur de ces dossiers complexes, imposants et captivants. En investissant 450 millions d’euros, c’est un nouveau visage culturel que le gouvernement donne au pays. C’est aussi un pari sur l’avenir, un pari sur l’Europe et un pari sur l’homme. Un triple pari que la ministre engage et qu’elle juge ainsi: «C’est à ce prix, modique en regard des dégâts catastrophiques que provoque la barbarie, qu’à l’aube du XXIe siècle, notre société se gardera de la malheureuse confusion entre les auxiliaires ‘avoir’ et ‘être’».

La culture envahit le Kirchberg

À Luxembourg-Ville, c’est au Kirchberg que la culture explose puisque la Salle philharmonique, le Musée d’Art moderne et le Musée de la Forteresse vont y retrouver le Centre sportif et culturel La Coque, en attendant le déménagement de la Bibliothèque nationale.

En 1952, lorsque Luxembourg est désigné comme siège provisoire de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), les autorités décident d’exploiter le haut-plateau de Kirchberg. La construction audacieuse du pont Grande-Duchesse Charlotte transformera rapidement les vertes prairies (360 hectares soit 1/7e de la surface de la capitale) en un quartier résolument moderne. Il y a des maisons d’habitation, des hôtels, des restaurants, des cinémas, des commerces, des banques, des administrations, des écoles… Il y a aussi des infrastructures sportives, avec la Piscine olympique et La Coque. Il y aura bientôt de nombreuses institutions culturelles. Certains prédisaient donc à tort que le Kirchberg se résumerait un jour à ses seules institutions européennes.

À gauche et à droite de l’avenue J.F. Kennedy, s’élèvent les deux tours jumelles (70 mètres de haut) de la Porte de l’Europe. Le concept de ces tours de bureaux, hautes de 19 étages, est l’oeuvre de l’architecte catalan Ricardo Bofill. S’inspirant de la piazza italienne, son bureau barcelonais le Taller de Arquitectura a dessiné la Place de l’Europe. Elle est triangulaire, bordée par le Bâtiment Tour (érigé en 1964-66 selon les plans des architectes luxembourgeois Gaston Witry et Michel Mousel) et par le Bâtiment Robert Schuman (1970-73, Laurent Schmit, architecte). C’est dans ce contexte que vient s’insérer la Philharmonie de l’architecte français Christian de Portzamparc. À un jet de pierre se construisent actuellement le Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean, d’après les plans de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, et le Musée de la Forteresse (architectes Jean-Michel Wilmotte, Roby Becker et Gilles Dansart). À quelques pas, La Coque jouxte désormais la Piscine olympique alors que la Bibliothèque nationale déménagera d’ici 2010 dans le Bâtiment Robert Schuman.

Architecte du Musée d’Art moderne

Pei, l’amoureux des vieilles pierres

Né à Canton en 1917, Ieoh Ming Pei arrive aux Etats- Unis en 1935 pour y suivre des études au Massachusetts Institute of Technology où il obtient un diplôme d’architecture en 1940. Il poursuit ses études à la Harvard University (Master en 1942 et Doctorat en1946). Naturalisé Américain en 1954, il crée I.M.Pei & Associates en 1955.Tirant son inspiration de l’architecture domestique du sud-ouest de la Chine où il a passé l’essentiel de son enfance, s’appuyant sur son expérience d’ingénieur, Pei réalise aux Etats-Unis ses premiers grands projets d’architecte avec le National Center for Atmospheric Research de Boulder au Colorado (1961-67), la Bibliothèque J. F. Kennedy à Boston au Massachusetts (1965-79) et l’aile Est de la National Gallery à Washington (1968-78).

Il est pourtant quasi inconnu en France lorsqu’il est choisi en 1983 pour réorganiser l’accueil et la circulation du Musée du Louvre. En façonnant le Grand Louvre, avec notamment la fameuse (et un temps controversée) pyramide du Louvre, Pei accède à la notoriété en Europe alors qu’il est déjà un maître aux Etats-Unis, en Chine (Hôtel des Collines parfumées à Pékin) ou à Hong-Kong (Tour de la Banque de Chine, le plus grand building d’Asie).

Les projets et les distinctions attribués à Pei se comptent par centaines dans le monde entier. Retiré de Pei Cobb Freed & Partners depuis fin 1990, il continue néanmoins à se consacrer à certains projets dans lesquels il trouve un intérêt personnel. C’est le cas du Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean sur l’enveloppe de l’ancien Fort Thüngen, comme d’ailleurs aussi du Deutschen Historischen Museum à Berlin qui vient d’ouvrir ses portes.

Comme pour le Louvre, Pei a craqué pour ces fortifications du XVIIe siècle qui ont survécu au démantèlement de la forteresse en 1867. Admirateur de Vauban (1633-1707) qui a construit le fort extérieur, il a voulu «faire parler les vieilles pierres, les éveiller à la vie. Le seul moyen d’éveiller des pierres à la vie est d’amener les êtres humains à elles».

Le parti pris de Pei pour le MUDAM était de faire «s’accorder le passé et le présent», et ceci de telle manière «qu’ils se renforcent l’un l’autre». Les murs de fortification de l’enveloppe ont été démontés et remontés à l’identique pour être renforcés.

L’ancienne enveloppe sert de support au nouveau bâtiment qui reprend dans sa forme le dessin triangulaire du Fort Thüngen auprès duquel il s’élève.

Construit en pierre de Bourgogne, le MUDAM intègre une structure de métal et de verre dont la flèche s’élancera à près de trente-cinq mètres de hauteur. Supervisés par l’architecte luxembourgeois Georges Reuter, les travaux doivent être achevés à l’automne 2005.

Des notes et des toiles

77 millions d’euros pour l’un, 78 pour l’autre. Le Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean et la Salle de concerts Grande-Duchesse Joséphine Charlotte tirent dans la même catégorie. Ce sont deux poids lourds de la culture qui sortent de terre, grandissent et monopolisent l’attention, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre.

Conçu par l’architecte Ieoh Ming Pei, le Musée d’Art moderne (d’une superficie de plus de 10.000 m2) comporte six grandes salles, dont deux bénéficient de la lumière naturelle zénithale, plus un espace réservé à la sculpture. Elles permettent sur 3.000 m2 de présenter des expositions temporaires et une collection consacrée à l’art contemporain. La géométrie des espaces intérieurs est scandée par cinq escaliers desservant trois niveaux où se répartissent, de part et d’autre de vastes halls et foyers, des ateliers, des réserves, un auditorium, une bibliothèque et des services éducatifs.

Assistée d’une commission d’experts internationaux, la directrice Marie-Claude Beaud (nommée dès janvier 2000) a profité des années 2002 et 2003 pour présenter le concept du MUDAM et mettre sur pied une collection. Pour créer et administrer le musée, qui a ouvert ses portes en 2005, le gouvernement a constitué la Fondation Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean dont le conseil d’administration est présidé par Jacques Santer, ancien Premier ministre, ancien président de la Commission européenne et aujourd’hui député européen.

Dessinée par Christian de Portzamparc, la Salle philharmonique Grande-Duchesse Joséphine Charlotte bat au rythme de son coeur, le grand auditorium. Celui-ci comprend en tout quelque 1.226 places (1.506 au maximum) et il est ceint sur les deux grands côtés par des loges. L’équipement est complété par une salle de musique de chambre (300 places) et une salle de musique électro-acoustique (120 places). Une attention particulière lors de la réalisation de ce projet a été portée à l’acoustique.

La nouvelle Salle philharmonique offre un nouvel espace de performance à l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg (OPL) dont le chef titulaire est Bramwell Tovey, ainsi qu’à d’autres orchestres de renommée internationale. Elle est aux mains d’un directeur général, l’Autrichien Matthias Naske, nommé à ce poste depuis janvier 2003. La gestion et la promotion de l’OPL sont du ressort de la Fondation Henri Pensis.

Bibliothèque nationale de Luxembourg

Dans le bâtiment Schuman avant l’an 2010

Initialement, l’idée était de construire une annexe à la Bibliothèque nationale, installée depuis 1973 dans les murs rénovés de l’ancien Athénée grand-ducal. Mais une bibliothèque en deux sites aurait multiplié les coûts et les contraintes. Comme le bâtiment Robert Schuman au Kirchberg va se libérer, le gouvernement a pris la décision d’y transférer la Bibliothèque nationale et de regrouper dans le même bâtiment les six sections de l’Institut grand-ducal ainsi que la bibliothèque de la société préhistorique.

Le bâtiment Robert Schuman sera-t-il entièrement détruit ou en partie seulement? Fera-t-il l’objet d’un réaménagement? La décision vient d’être prise: le projet du bureau d’architectes allemand «Bolles - Wilson Gmbh & Co. KG» retenu par un jury international conserve au maximum l’ancienne structure: une fois les travaux terminés, la BNL pourrait déménager dans ses nouveaux locaux avant 2010.

La Bibliothèque nationale est la gardienne du patrimoine imprimé luxembourgeois. Elle collectionne toutes les publications imprimées et éditées au Luxembourg. Elle achète les publications qui se rapportent au Luxembourg, ou dont l’auteur est luxembourgeois, et qui sont éditées à l’étranger. 150. 000 volumes ainsi que 3.000 titres de périodiques sont ainsi conservés au département des Luxemburgensia.

La Bibliothèque nationale est aussi la plus grande bibliothèque scientifique du Luxembourg. Toutes les disciplines y sont représentées. Le Fonds général met à la disposition des lecteurs quelque 750.000 volumes et 3.500 titres de périodiques internationaux de toutes disciplines. 30.000 volumes sont en accès libre dans les salles de lecture et de référence. Le Fonds général connaît un accroissement annuel moyen d’environ 10.000 volumes.

L’histoire n’est pas oubliée

Mais il n’y a pas que la musique et la peinture à se réjouir. Lieu de communication, d’explication et d’interprétation, lieu de mémoire et d’histoire, le Musée de la Forteresse sera l’une des composantes essentielles du Circuit Vauban. Après avoir eu le plaisir de contempler de l’art contemporain au MUDAM, le visiteur pourra en effet directement plonger dans le passé de Luxembourg. Le Musée de la Forteresse retrace l’évolution historique de la forteresse du XVIe siècle à son démantèlement en 1870-76, avec notamment un parcours thématique sur les ouvrages de défense, les armes et les ingénieurs-constructeurs.

L’aménagement intérieur, la conception des vitrines et l’éclairage sont l’oeuvre de l’architecte parisien Jean- Michel Wilmotte qui a également travaillé avec Pei au Louvre. Le cadre est signé par les architectes luxembourgeois Robert Decker et Gilles Dansart. Le Musée de la Forteresse a ouvert ses portes en 2004. Coût des travaux: 30 millions d’euros.

Le gouvernement a par ailleurs fait voter un projet de loi qui concerne la restauration, la reconstruction partielle et la remise en valeur d’un certain nombre de vestiges de la forteresse de Luxembourg: ancien bastion Berlaimont et Porte d’Eich, Porte des Bons-Malades, Fort Niedergrünewald, hauteurs du Pfaffenthal, Fort Obergrünewald, ouvrages militaires adjacents au Fort Thüngen.

Une autre loi votée par la Chambre des députés prévoit aussi l’aménagement du parc Dräi Eechelen, selon les plans de Michel Desvigne. Les alentours du Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean et du Musée de la Forteresse deviendront donc un parc public. Le paysage proposé, ouvert en permanence au public, respectera et unifiera les constructions anciennes et nouvelles sans apporter ni ouvrages, ni tracés architecturaux supplémentaires, tout en maintenant le panorama sur la Vieille Ville

Identité et multiculturalité

Au coeur de la Vieille Ville, dans la partie inscrite par l’UNESCO sur la liste du «patrimoine mondial de l’humanité», le ministère de la Culture transforme les bâtiments de l’ancienne abbaye de Neumünster (1606) en Centre culturel de rencontre. Un réseau fédère de tels centres à travers l’Europe. Lieux de culture et d’échange, les Centres culturels de rencontre ont pour vocation « de lier la démarche locale et le plus vaste horizon, d’explorer les différences comme des richesses, de travailler en réseau, de faire circuler les hommes et les idées, afin que le tout soit bien plus que la somme des parties », comme l’a si bien écrit Jacques Rigaud.

Dirigé par Claude Frisoni depuis février 2002, cet endroit est un lieu de création artistique multidisciplinaire sur le thème «Identité et multiculturalité». Sur plus de 12.000 m2, cette institution dispose des infrastructures les plus modernes (salle de conférences avec traduction simultanée, salle de spectacle, espaces d’exposition, médiathèque, ateliers pour artistes en résidence…). Elle permet aux acteurs culturels locaux et internationaux d’échanger leurs réflexions, leurs expériences et leurs recherches. Située au bord de l’Alzette, dans le vieux quartier du Grund à Luxembourg-Ville, l’Abbaye de Neumünster se trouve sur l’Itinéraire Wenceslas. Elle a souvent été utilisée comme prison au fil des siècles. Lieu de transit des nombreux déportés luxembourgeois durant l’occupation nazie, elle a encore servi de prison pour des détenus de droit commun jusqu’au milieu des années 1980. D’un coût total de 39 millions d’euros, les travaux de rénovation ont respecté l’esprit du bâtiment.

Le bâtiment Robert Bruch abrite depuis le 13 octobre 2003 notamment l’Institut tri-national Pierre Werner (Luxembourg, Allemagne, France), et accueille depuis le printemps 2004 l’Institut des itinéraires culturels du Conseil de l'Europe; le bâtiment Robert Krieps a ouvert fin 2003, le reste du Centre en mai 2004.

Architecte de La Coque

Roger Taillibert, le père du Parc des Princes

Architecte français, Roger Taillibert crée sa propre agence d’architecture à Paris en 1963. Lorsqu’il est choisi pour concevoir le nouveau stade du Parc des Princes, il est pourtant quasiment inconnu. Il supprime la piste cyclable et la piste d’athlétisme pour reconstruire le stade. Il invente aussi des cellules de verre possédant une visibilité totale et réservées aux commentateurs d’images, tout en implantant des caméras sur des plates-formes suspendues afin d’avoir un aperçu complet du terrain. Le chantier débute en 1969 et l’édifice est officiellement inauguré par le président de la République française, Georges Pompidou, le 4 juin 1972. Le nouveau stade (48.527 places assises) est un grand ovale couvert par un monumental auvent en porte-à-faux. Haut lieu du football et du rugby, avant la construction du Stade de France, le Parc des Princes reste un lieu de spectacle et de grands événements ainsi que le berceau du Paris Saint- Germain.

Par la suite, la carrière de Roger Taillibert va s’internationaliser. Le 6 avril 1972, Montréal est désigné pour accueillir les Jeux Olympiques de 1976. Spécialisé dans le développement d’équipements sportifs, Roger Taillibert est chargé d’élaborer un projet général qui puisse intégrer un grand stade de 50.000 places utilisables en toutes saisons (et transformable à peu de frais en stade de base-ball), un centre de natation, un vélodrome et tous les équipements complémentaires. Il conçoit un ensemble homogène composé de trois éléments différents, mais imbriqués: la forme annulaire du stade, le mât central (168 mètres de haut et 65 mètres de porte-à-faux par rapport à sa base) et la voûte sphérique du vélodrome. Aujourd’hui encore, le Stade olympique de Montréal constitue un must du genre.

Au Luxembourg, Roger Taillibert a construit les deux centres sportifs du Kirchberg. Inaugurée en 1982, la Piscine olympique se distingue par ses toitures caractéristiques, telles les voilures d’un bateau, composées de coques en béton de 99 mètres. Pour le Centre culturel et sportif voisin, dont le premier coup de pioche est donné le 15 décembre 1997, Roger Taillibert conçoit un même langage de formes architecturales pour le paysage des toitures.

Cette fois, il abandonne les coques de béton pour le bois lamellé collé. Les toitures de cuivre (20.800 m2 de surface) recouvrent les six coques de l’ensemble. Le Centre national sportif et culturel a été inauguré le 8 juin 2002. Il a coûté 75 millions d’euros et s’appelle La Coque.

La culture en movement

Chantiers terminés

Centre national de la littérature

Logé dans l’ancienne maison Servais à Mersch, le CNL a ouvert ses portes en 1995. C’est un centre de recherche documentaire pour la littérature luxembourgeoise, en langues luxembourgeoise, allemande, française (et autres) de 1815 à nos jours.

Casino Luxembourg-Forum d’art contemporain

Occupant à Luxembourg-Ville un édifice du XIXe siècle, l’ancien “Casino bourgeois” a été reconverti en lieu d’exposition en 1994. C’est la première institution culturelle luxembourgeoise du type Kunsthalle.

Musée national d’histoire naturelle - natur musée

Dans le Grund à Luxembourg-Ville, l’Hospice Saint- Jean (un temps hôpital, puis prison des femmes) abrite depuis 1996 le Musée national d’histoire naturelle. Fenêtre sur les paysages et régions du Luxembourg, le natur musée participe à la conservation du patrimoine naturel.

Kulturfabrik

Les bâtiments d’un ancien abattoir ont été rénovés à partir de janvier 1997. Réouverte le 2 octobre 1998, la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette est un centre culturel autogéré qui dispose de 7 bâtiments sur une superficie de 4.000 m2.

Musée national d’histoire et d’art

Après la création du Musée national d’histoire naturelle, le Musée national d’histoire et d’art a été agrandi et restructuré. Situé au Marché-aux-Poissons à Luxembourg-Ville, il possède des collections riches et variées, qui vont de l’archéologie à l’art contemporain en passant par l’art ancien et les arts décoratifs.

La Coque

Situé sur le plateau du Kirchberg à Luxembourg-Ville, le Centre national sportif et culturel a ouvert ses portes le 8 juin 2002. Salle de sports ou de concerts, La Coque peut moduler ses capacités d’accueil de 1.000 à 8.000 spectateurs.

Rotonde CFL

Derrière la gare de Luxembourg-Ville, la première rotonde CFL est en train d’être restaurée par le Service des sites et monuments nationaux. Un groupe de travail établit actuellement une programmation expérimentale pour les deux prochaines années. À terme, la deuxième rotonde sera restaurée.

Chantiers en cours

Centre culturel de rencontre, Abbaye de Neumünster

Les bâtiments de l’ancienne Abbaye de Neumünster, qui remontent à 1606, abritent depuis 2004 un vaste Centre culturel de rencontre situé au cœur de la Vieille Ville. Sur plus de 12.000 m2, cette institution dispose des infrastructures les plus modernes. Elle est un lieu de création artistique sur le thème «Identité et multiculturalité ». La salle Robert Bruch (ancien hôpital militaire) accueille l’Institut “trinational” Pierre Werner (France, Allemagne, Luxembourg) et abrite l’Institut européen des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe.

Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean

Inscrit dans le site exceptionnel du Fort Thüngen, le Musée d’Art moderne Grand-Duc, conçu par l’architecte sino-américain I.M. Pei, dispose d’une superficie de plus de 10.000 m2, dont 3.000 m2 réservés aux expositions permanentes d’œuvres (peintures et sculptures) contemporaines. Sa vocation internationale s’inscrit dans la logique même du développement européen du Grand-Duché et de sa capitale. Le MUDAM a ouvert en 2005.

Musée de la Forteresse

La Forteresse est le symbole des siècles d’histoire de la ville, du pays, voire de l’Europe. Installé sur le site des Trois Glands à Luxembourg-Ville, le Musée de la Forteresse relie symboliquement le nouveau quartier du Kirchberg à la Vieille Ville de Luxembourg. Lieu de communication, d’explication et d’interprétation, ce Musée vient compléter les deux circuits historicoculturels Vauban et Wenceslas.

Salle de concerts Grande-Duchesse Joséphine- Charlotte

Le projet de faire construire une nouvelle salle de concerts date de 1996. Imaginée par l’architecte Christian de Portzamparc, cette nouvelle salle dispose d’un auditorium de 1.200 à 1.500 places, d’une salle de musique de chambre de 300 places et d’une salle de musique électro-acoustique de 120 places. Le concert d’ouverture a eu lieu en juin 2005. Cette salle est aussi le siège de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et de sa centaine de musiciens.

Centre national de l’audiovisuel

Depuis ses origines, le CNA a évolué en un lieu privilégié pour les professionnels de l’image et du son. La conception d’un nouveau bâtiment abritant à la fois le CNA et le Centre culturel de Dudelange prévoit des structures propres à chaque service ainsi que des points communs orientés avec une technologie de pointe vers le grand public et une salle de cinéma de 153 places. Les travaux viennent de débuter.

Bibliothèque nationale

Plutôt que de faire construire une annexe à l’actuelle Bibliothèque nationale sise rue Notre-Dame à Luxembourg-Ville, le gouvernement vient de décider de loger la totalité des services de la BNL dans le bâtiment Robert Schuman au Kirchberg.

Cité des sciences

Le projet phare du développement des friches industrielles de Belval-Ouest à Esch-sur-Alzette est aussi un projet culturel, s’appuyant sur un siècle d’histoire sidérurgique pour inventer un avenir prometteur. Sur le site, les deux hauts-fourneaux restants seront mis en valeur dans le cadre de l’immense et complexe projet conduit par le Fonds Belval. Le projet de la Cité des sciences, de la recherche et de l’innovation s’articule autour de la future Université du Luxembourg, avec le Centre national de culture industrielle, les Archives nationales et la Rockhal.

Centre de musiques amplifiées

Sur le site des friches industrielles à Esch-Belval, la Rockhal comportera deux salles de concert: une grande salle de 4.000 places pouvant s’ouvrir jusqu’à 10.000 spectateurs et une petite de 500 places. Le CMA abritera aussi des salles de répétition, un studio d’enregistrement et un centre de documentation musicale multimédia. Les travaux seront achevés en 2006.

Archives nationales

Logées actuellement au plateau du St-Esprit, dans un ancien bâtiment militaire, les Archives nationales seront relogées dans une nouvelle construction sur le site des friches industrielles à Esch-Belval. Elles abriteront également un centre de documentation pour l’architecture.

CMA et CNA dans le Sud

Des infrastructures culturelles nouvelles, il n’y en a pas que dans la capitale. Le Sud du pays est également concerné, et à plusieurs titres. Le Centre de musiques amplifiées (CMA) est construit à Esch-Belval.

Il manquait au Luxembourg une grande salle de concert de type le Galaxie à Amnéville, le Zénith à Nancy, la Neufang-Kulturfabrik à Sarrebruck ou encore la Europa-Halle à Trèves. C’est précisément pour y remédier que le CMA ou Rockhal ont été intégrés dans le concept urbanistique de Belval-Ouest.

Le Centre de musiques amplifiées se comprend d’abord comme un lieu de spectacles, mais il est aussi un lieu de répétition, de création, de formation, de rencontres, d’information, d’échanges et de réflexion.

La mise en chantier relative à la construction du CMA a eu lieu le 21 juillet 2003. L’ouverture est prévue a eu lieu en juin 2005.

Le CMA trouvera sa place sur la terrasse des hautsfourneaux où se développera aussi la Cité des sciences, avec le futur Centre national de la culture industrielle (CNCI). Celui-ci permettra non seulement de conserver les vestiges industriels de la grande époque sidérurgique (notamment les deux hauts-fourneaux), mais aussi de créer un lieu social, culturel et scientifique s’intégrant dans la vie quotidienne de la nouvelle ville qui sera réalisée à Belval-Ouest. Le CNCI mènera aussi des travaux de recherche dans le domaine de l’histoire et de l’archéologie industrielle.

Avant de lancer un concours international pour sa réalisation, un certain nombre d’études et de travaux préparatoires doivent être entamés: inventaire des lieux (également du point de vue historique et archéologique), études de stabilisation et de sécurisation des hauts-fourneaux, installation du chantier et déblaiement du site. C’est la première phase d’un projet imposant.

Le terrain d’implantation appartient à la société Agora et sera mis à disposition du Fonds Belval, l’établissement public responsable de la réalisation des équipements de l’Etat sur le site de Belval-Ouest. Les dépenses relatives aux études et travaux préparatoires, y compris la décontamination du sol, ne peuvent dépasser le montant de 13,93 millions d’euros.

Centre culturel régional

Les régions ne sont pas oubliées

L’Etat luxembourgeois n’investit pas seulement à Luxembourg-Ville même si les plus grands projets d’infrastructure culturelle se font logiquement dans la capitale du pays. Dans le cadre de sa politique culturelle décentralisée, le gouvernement apporte une aide logistique et financière importante aux centres culturels régionaux et autres maisons culturelles, à la fois pour leur construction et leur fonctionnement. C’est le cas de la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette dans le Sud, du Centre des arts pluriels Edouard Juncker d’Ettelbruck dans le Nord et du Kulturhuef de Grevenmacher à l’Est. D’autres projets régionaux, notamment un dans l’Ouest, sont à l’étude.

Dans le cadre de sa politique d’animation culturelle régionale et décentralisée, le gouvernement a préparé un projet de loi portant création d’un service d’animation culturelle régionale et établissant un programme quinquennal d’équipement de l’infrastructure culturelle régionale.

Le gouvernement est également décidé à examiner de nouveaux modes d’intervention du Fonds culturel national afin de promouvoir le mécénat et de créer de nouveaux mécanismes financiers pour aider les industries de la culture. Si les projets exceptionnels trouvent un financement conséquent, les projets quotidiens sont donc loin d’être les grands oubliés dans les réflexions gouvernementales.

Installé à Dudelange, le Centre national de l’audiovisuel a pour mission de conserver, de restaurer et de mettre en valeur le patrimoine audiovisuel luxembourgeois.

Le CNA applique également le dépôt légal pour les oeuvres audiovisuelles. Il fait la promotion des artistes-photographes professionnels et sensibilise le public par le biais de stages. Enfin, il produit des oeuvres, reportages, portfolios ou publications qui ont une valeur documentaire et culturelle.

Parmi les travaux les plus importants réalisés par le CNA figurent la restauration et la réinstallation au château de Clervaux de la plus grande exposition photographique de tous les temps The Family of Man créée en 1955 par le Luxembourgeois Edward J. Steichen pour le Musée d’Art moderne de New York.

Le 16 janvier 2003, à Dudelange, a été donné le premier coup de pelle pour la construction du bâtiment qui devra héberge le Centre national de l’audiovisuel et le Centre culturel régional avec l’Ecole régionale de musique. Le Conseil de gouvernement avait pris la décision de réaliser ce projet en 1998 et la Chambre des députés avait adopté le projet de loi le 27 juin 2001.

Les coûts du projet s’élèvent à 40 millions d’euros. Les travaux de construction se sont achevés en 2006. Le bâtiment comprend une salle de concert de 400 places et une salle de cinéma pour 180 spectateurs, ainsi qu’une médiathèque et une galerie d’art. La collection de photos Bitter Years d’Edward Steichen est exposée en permanence sur ce site, dans une ancienne tour d’eau située au lieu-dit Schnauzelach, une ancienne friche industrielle.

Pour conclure sur les grands projets culturels, il suffit de regarder le chemin parcouru depuis 1995. Et se dire que depuis 2007, lorsque Luxembourg était à nouveau Capitale européenne de la culture, plus rien n’est comme avant pour la culture luxembourgeoise.

Salle philharmonique

Christian de Portzamparc, le créateur de joyaux

Né à Casablanca en 1944, Christian de Portzamparc étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris de 1962 à 1969. Il signe sa première grande réalisation avec un château d’eau à Marne-la-Vallée (1971-1979). Sa carrière est définitivement lancée lorsqu’il remporte, en 1984, le concours de la Cité de la Musique à La Villette (Paris), achevée en 1995. L’immeuble d’appartements Nexus Word à Fukuoka au Japon, l’extension du Palais des Congrès (40.000 m2) à Paris, la tour LVMH à New York, le Palais de Justice de Grasse en Provence, la grande Bibliothèque du Québec à Montréal, et bien sûr la nouvelle Salle philharmonique de Luxembourg.…, autant de projets menés à bien par Christian de Portzamparc. Ce dernier a aujourd’hui plusieurs chantiers prestigieux en cours: ambassade de France à Berlin en Allemagne, nouvel espace culturel de Rennes en Bretagne, ensemble de logements à Deventer aux Pays-Bas…

En 1996, soixante-huit agences d’architecture déposent leur candidature au concours restreint à un tour pour cette nouvelle salle de concert, implantée au Kirchberg. Quinze sont finalement invitées à concourir dont Christian de Portzamparc, proclamé lauréat en 1997. La Salle de concerts Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte est un ovale, ceint de 823 colonnes filigranes, rondes, en acier.

Au coeur de la Place de l’Europe, à la géométrie affirmée et très ouverte, Christian de Portzamparc la définit comme la métaphore du joyau et du baptistère: «Ce joyau évoque une pierre taillée dans l’écrin formé par les immeubles qui l’entourent. Le baptistère évoque une construction remarquable, centrée à plusieurs faces. Le projet se présente donc comme une vaste rotonde dans le polygone des immeubles environnants».

Le bâtiment, dont l’agence Christian Bauer et Associés était l’architecte d’opération luxembourgeois, a été livré fin 2004. L’inauguration a eu lieu le 26 juin 2005 pour marquer la clôture de la Présidence luxembourgeoise de l’Union européenne au premier semestre 2005.

Centre de musiques amplifiées (Rockhal)

Tout vient à point…

… à qui sait attendre! Une fois de plus, l’adage se vérifie. Le projet de construction d’une salle de concerts pour les jeunes est d’actualité depuis la fin des années 1970. Et depuis, cette infrastructure faisait défaut.

Dans sa séance du 5 mars 1999, le gouvernement avait pourtant adopté le projet de loi relatif à la construction d’une salle de concerts pour jeunes sur la friche industrielle de Belval-Ouest à Esch-sur-Alzette. Ce premier projet prévoyait l’installation de la salle de concerts dans la halle des soufflantes construite en 1912, avec une remise en état sommaire de la moitié de la halle.

Le but du projet était de concilier les exigences actuelles d’une salle de concerts pour musiques amplifiées avec les objectifs d’une démarche de conservation architecturale et culturelle future. Mais garantir l’organisation et le déroulement d’événements musicaux et culturels dans des conditions adéquates sans dénaturer l’espace du lieu nécessitait des aménagements fonctionnels complexes et coûteux. Le projet fut donc abandonné et remplacé par la construction d’un nouveau bâtiment, toujours à Belval-Ouest.

La dépense totale pour la réalisation de ce nouveau projet s’élève à 29,6 millions d’euros. Le centre comporte deux salles de concerts, une grande salle à 4.000 places et une petite salle à 500 places. Dessiné par les bureaux d’architectes et d’ingénieurs luxembourgeois Beng, Sit-Lux et IC-Lux, il comprend aussi et avant tout huit salles de répétition et un centre de ressources (documentation, information, formation et soutien) des musiciens. Cela constitue un véritable progrès par rapport à l’ancien projet, qui n’était qu’une salle de concerts rock. Les travaux des 14.000 m2 du CMA se sont achevés en 2005.