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Les Langues

La situation linguistique au Luxembourg se caractérise par la pratique et la reconnaissance de trois langues : le luxembourgeois, le français et l’allemand.

L’historique

Le multilinguisme du Luxembourg est issu de la coexistence historique de deux groupes ethniques, l’un roman et l’autre germanique.

Jusqu’en 1984, l’usage officiel des langues se fondait sur des arrêtés grand-ducaux de 1830, 1832 et 1834 qui consacraient le libre choix entre l’allemand et le français. Dans l’administration, le français était déjà très nettement préféré à l’allemand, poursuivant ainsi une tradition au sein de laquelle le français avait été désigné comme langue de l’administration au XIVe siècle. Sous le règne des Habsbourg, ni les Espagnols ni les Autrichiens n’ont remis en question l’usage privilégié du français comme langue officielle et administrative.

L’allemand était utilisé comme langue écrite dans le domaine politique pour commenter les lois et les ordonnances afin de rendre ces textes compréhensibles à tout le monde. À l’école primaire, l’enseignement se limitait à l’allemand, tandis qu’on ajoutait le français à l’enseignement secondaire.

Le traité de Londres de 1839, qui a permis au Luxembourg d’acquérir son autonomie, n’a pas modifié la pratique linguistique. La loi du 26 juillet 1843 renforça sensiblement le bilinguisme en introduisant l’enseignement du français à l’école primaire.

Il faut noter que le luxembourgeois (Lëtzebuergesch), un dialecte francique-mosellan à l’origine, a revêtu pendant longtemps une position moins importante qu’à l’heure actuelle. Son enseignement a été introduit à l’école primaire à partir de 1912.

La situation actuelle

La situation linguistique actuelle du Luxembourg suit le fil logique de son histoire. Le bilinguisme hiérarchisé règne toujours, mais acquiert une nouvelle signification à partir de la révision constitutionnelle de 1948. En effet, cette révision donne au législateur le pouvoir de régler le régime linguistique par la loi. Cette nouvelle possibilité a poussé la Chambre des députés à voter une loi en 1984 qui, pour la première fois, reconnaît officiellement l’identité linguistique luxembourgeoise, en consacrant le luxembourgeois comme langue nationale.

La loi de 1984 reconnaît les trois langues du Luxembourg, le luxembourgeois, le français et l’allemand, comme des langues administratives et judiciaires. Cette parité est légèrement nuancée dans une disposition de cette loi (article 3) qui mentionne que les administrés doivent se servir des trois langues «dans la mesure du possible». Il faut admettre que le français demeure la langue de la législation (article 2), car celle-ci s’appuie à l’origine sur le code Napoléon.

Bilinguisme ou multilinguisme?

Le bilinguisme ayant été transformé en multilinguisme, personne n’oserait refouler pour autant le français et l’allemand au seul profit du luxembourgeois.

L’importance du français et de l’allemand n’est pas seulement politique, mais représente l’identité nationale née de la coexistence du monde roman et germanique. En maintenant ces deux langues, le Luxembourg reste le symbole d’une terre de rencontre entre la culture romane et la culture germanique, ainsi qu’entre beaucoup d’autres cultures aujourd’hui. La reconnaissance du luxembourgeois renforce et enrichit le bilinguisme traditionnel.

La dimension sociopolitique du multilinguisme

C’est essentiellement dans l’enseignement préscolaire que les enseignants parlent luxembourgeois avec leurs élèves. Ensuite, c’est en allemand que les jeunes apprennent à lire et à écrire la première année de l’école primaire, puis en français à partir de la deuxième année. Le luxembourgeois n’est enseigné qu’une heure par semaine à l’école secondaire, et ceci uniquement pendant les premières années.

La pratique linguistique scolaire reflète également la situation du pays dans l’usage des langues, caractérisée par une ouverture vers l’Europe aux niveaux politique et universitaire. En effet, le nombre d’heures consacré à l’apprentissage des langues durant tout le parcours scolaire et toutes sections confondues représente 50 % du total des matières.

Au niveau politique, la maîtrise de deux langues européennes majeures a permis au Luxembourg d’agir concrètement en faveur de la construction européenne et de devenir même un facteur unificateur et progressiste.

Au niveau universitaire, le multilinguisme permet aux étudiants luxembourgeois de poursuivre leurs études universitaires dans tous les pays francophones, germanophones ou anglophones. L’anglais est, en effet, enseigné de manière très poussée dans l’enseignement secondaire, en plus d’autres langues telles que, au choix, le latin, l’espagnol ou l’italien.

Cette situation linguistique favorise l’adaptation des étrangers à la vie quotidienne luxembourgeoise, puisqu’ils peuvent également s’exprimer en français ou en allemand. Le multilinguisme représente donc à la fois l’ouverture vers l’extérieur et la volonté d’accueillir l’extérieur au Luxembourg.

Quelques mots en Lëtzebuergesch

Moien

Äddi

Wéi geet et?

Mir geet et gutt/schlecht

Wou ass...?

... de Bäcker?

... de Metzler?

... e gudde Restaurant?

... d’Gare?

... de Kino ?

... de Flughafen?

Wéivill kascht dat?

Kann ech de Menu kréien?

Wann ech gelift

Merci

Jo

Nee

Wat gelift?

Gär geschitt !

Pardon

Ech hunn en Zëmmer reservéiert

Bonjour, salut

Au revoir, salut

Comment ça va?

Je vais bien/mal

Où est...?

... le boulanger?

... le boucher?

... un bon restaurant?

... la gare?

... le cinéma?

.. l’aéroport?

Combien ça coûte?

Puis-je avoir le menu?

S’il vous plaît

Merci

Oui

Non

Comment? Que dites-vous?

De rien !

Pardon

J’ai réservé une chambre